Le mot griot désigne
en mandingue le djeli. Djeli, c’est
le sang qui coule dans nos veines, une part de nous
essentielle et omnisciente, comme les griots sont
les yeux, les oreilles et la bouche de leur société.
En Afrique de l’Ouest, les griots ont perpétué
la tradition orale pendant 4 000 ans. Dépositaires
de la mémoire du passé, transmise de
génération en génération,
mais aussi des événements du temps présent,
les griots tel que Mory Kanté ont hérité
de l’histoire de l’empire du Mandé.
Cet empire, à son apogée au XIIIe siècle
pendant le règne de Soundiata Keita, s’étendait
de l’océan Atlantique à la région
de Goa.
Musiciens, poètes, conteurs et historiens,
hérauts et diplomates, maîtres du verbe
et maîtres de cérémonie, les griots
sont les gardiens de la tradition orale. Durant leur
initiation, ils apprennent auprès de leur famille
la généalogie de familles s’étalant
sur des siècles, les faits marquants de l’histoire,
qu’ils accompagnent de leur instrument (kora,
balafon, n’goni etc.) et de luanges.
Aujourd’hui, bien que la position sociale du
griot ait diminué, ils restent des artistes
à part entière. Leur présence
lors des événements marquants de la
vie quotidienne comme les mariages, les baptêmes
ou les décès, est considérée
comme nécessaire. Partie intégrante
de la culture ouest-africaine contemporaine, les griots
demeurent la mémoire et le miroir du peuple.